Géographie et topographie

Hérault. Gabian.De l'or noir dans le Sud, par Michel Azens.

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C'est en 1605 que fut observé pour la première fois des suintements d'huile de pétrole à Gabian. Sur la rive droite du ruisseau de la Tongue, au Sud du village, longtemps les habitants avaient pris l'habitude de recueillir librement cette huile, à laquelle ils attribuaient des vertus curatives merveilleuses.

Dans un document ancien, on apprend qu'en absence d'entretien, la "foun de l'oli" avait fini par se tarir, lorsque l'évêque de Béziers, seigneur de Gabian, décida de rénover le site afin de faire bénéficier de nouveau les habitants de la région de cette «pharmacopée» qui semblait vraiment efficace pour la goutte et la sciatique, ainsi que  la surdité.
Souveraine contre les maladies contagieuses, rempart naturel contre la peste, elle tue les vers mélangée à du jus de citron.
On l'employait contre les brûlures, idem pour les plaies, et elle apaisait les douleurs des nouvelles accouchées... On en frottait même les gencives, pour soulager les douleurs dentaires, et on avait recours à elle pour les contusions et les foulures. On la mettait en bouteille et elle se vendait quarante sols pour un récipient de quarante livres.
Ce sont les moines du Prieuré de Cassan qui en organisèrent le commerce, vers 1773.
Déjà, en 1707, M. Rivière, docteur en médecine à la Faculté de Montpellier, en faisait les éloges, soulignant que c'était la seule du royaume.
Quant à M. de Basville, Intendant de cette province, dans son fameux Mémoire, indiquait qu'on s'en servait pour soigner les blessures et autres usages, aussi bien pour les gens que pour les chevaux.

        

On pouvait voir encore en 1885, date où cette "source" s'est tarie, les bâtiments sophistiqués qui furent bâtis par les moines pour son exploitation. La société anglaise, qui l'exploitera plus tard, entreprit des travaux qui provoquèrent son tarissement.
Il fallut attendre 1926, pour que l'entreprise Pechelbronn atteigne la profondeur de 106 m pour faire jaillir le pétrole de «la Fontaine aux Moines»
La production  était alors de 500 litres par jour, pour passer à 4000  peu de temps après. Vingt-six sondages furent effectués. La cadence devint industrielle et le petit village viticole de Gabian acquit une réelle notoriété.
Pendant l'Occupation, Les Allemands firent main basse sur ce gisement et le laissèrent à l'état de ruines en 1944; l'activité reprit un peu par la suite, mais elle cessa définitivement en 1950

Source: Bulletin de la Société d'études Scientifiques de l'Aude, tome XXXII, 1932,  p13-37.